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Haute-Savoie mag - N°169 - Avril/Juin 2018
En direct du Département
Protection de l'enfance

Avec le gai logis,
des enfants acteurs de leur vie

© Dep74 - L. Guette

Créée à Faverges en 2008, la Maison d’enfants “Au fil de soi” abrite un internat et plusieurs services d’accueil de jour. Depuis plus d’un an, deux d’entre eux ont été transférés à Rumilly. Là-bas, une vingtaine d’enfants et de jeunes retrouvent les repères nécessaires pour mieux grandir.

La protection de l’enfance est l’une des principales compétences d’action sociale du Département. Pour la mettre en œuvre, il s’appuie sur un réseau de partenaires parmi lesquels Le gai logis. Issue de la congrégation religieuse des Sœurs de Saint-Joseph, cette association œuvre auprès des plus jeunes depuis les années 1970 en Savoie et depuis 2008 à Faverges, avec l’ouverture de la Maison d’enfants “Au fil de soi”(1), qui prend en charge les enfants “en danger ou en risque de l’être”. Deux de ses services, dédiés à l’accueil de jour, ont été transférés à Rumilly en 2017. À la différence du placement en établissement ou en famille d’accueil, le recours à l’accueil de jour permet un soutien éducatif renforcé pour l’enfant et un accompagnement des parents dans l’exercice de leurs fonctions parentales, par le biais d’activités et actions diverses organisées à proximité de leur domicile.

S’adapter aux besoins de l’enfant
À Rumilly, sept éducateurs spécialisés, épaulés d’un psychologue, s’occupent d’une vingtaine d’enfants et de jeunes âgés de 6 à 18 ans (dès 4 ans dans certains cas). Tandis que l’équipe de “Repères” accompagne les mineurs dans le cadre de mesures judiciaires(2) ; les deux éducatrices spécialisées d’“Entre-voies” se consacrent à l’accueil de jeunes concernés par des mesures administratives(3). « Ces services sont très réactifs. Ils s’adaptent aux besoins de l’enfant mais aussi aux événements qui peuvent survenir dans la vie de la famille », explique Gilbert Castelli. Et le directeur de la Maison d’enfants “Au fil de soi” de souligner par ailleurs la nécessité d’une entente avec les parents pour pouvoir agir. Un travail “intense”, « sinon quotidien, hebdomadaire ». Qu’il s’agisse des équipes de “Repères” ou d’“Entre-voie”, leurs priorités sont de permettre aux enfants de retrouver « leur capacité d’agir », de reprendre confiance en eux et de pouvoir « se ré-affilier à [leur] vie ordinaire ».

Des activités à visée éducative
Selon les sites, les actions, menées en semaine et certains samedis, en période scolaire et durant les vacances, diffèrent. Il peut s’agir d’aide à la scolarité, de déjeuners, de jeux, d’activités culinaires et manuelles, d’entretien du jardin potager, de sport, de sorties à la médiathèque… À travers ces occupations, il est avant tout question d’effectuer un travail d’éducation, de médiation et de pallier les besoins de l’enfant. « Nous sommes dans des points d’appui de la vie ordinaire, commente Gilbert Castelli. Ces activités ont une visée de médiation éducative qui tend à apaiser les tensions de l’enfant, à lui permettre d’exprimer ce qui est douloureux pour lui, et d’entretenir des liens de confiance avec les adultes référents, même si les confrontations arrivent. » Des liens qui, rappelons-le, sont de l’ordre de la suppléance et non de la substitution. « Ce qui est intéressant, c’est bien sûr de rendre les jeunes acteurs de leur vie », renchérit Olivier Caille, psychologue.

(1) Financée à hauteur de 2,1 M€ par le Département.
(2) Prises par le juge des enfants, pour une durée de huit à douze mois en moyenne, renouvelables une fois.
(3) Prises par le Département, sur proposition d’une assistante sociale ou à la demande des parents, en moyenne pour huit mois, renouvelable une fois.