Haute-Savoie Mag - 149 : Avril-Juin 2014

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Repères

10 000 habitants supplémentaires par an.

27 601 € en moyenne par ménage : le niveau de vie des Haut‑Savoyards est le plus élevé de France, après l’Ile‑de‑France.

8,2 % des Haut‑Savoyards vivent sous le seuil de pauvreté, soit 982 € par mois.

17 319 demandes de logements sociaux sont insatisfaites (au 31.12.2013).

1 hectare de terre agricole urbanisé chaque jour.

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HAUTE-SAVOIE 2030

Construire concrètement l’avenir de la Haute‑Savoie

Département dynamique, mais confronté à d’importantes mutations dans un monde toujours plus globalisé, la Haute‑Savoie dessine son avenir dans un document intitulé “Haute‑Savoie 2030”.

Au 4e rang national en terme d’attractivité (source Insee), mais confronté à des disparités territoriales, !la Haute‑Savoie se transforme du point de vue économique social et démographique, sous l’effet des changements de modes de vie des habitants. Le tout dans un contexte général de raréfaction de la ressource publique.


Repères


Anticiper ces changements afin de maîtriser le développement du département et d’en pérenniser la qualité et le cadre de vie, c’est l’objet du projet stratégique “Haute‑Savoie 2030”, dont le premier volet a été adopté par la Commission permanente du Conseil général le 17 février dernier.


Fruit d’une large concertation entre les élus départementaux, il s’appuie sur une double analyse, à la fois rétrospective, qui a permis de mettre en lumière les atouts et les handicaps du territoire, et prospective, en vue de définir des orientations stratégiques pour les 25 prochaines années.


Développement hétérogène


Le développement de la Haute‑Savoie n’est pas réparti de façon homogène. Le Genevois français profite du dynamisme de Genève et des retombées en matière d’économie résidentielle1. Le Haut‑Chablais bénéficie aussi d’une belle progression démographique, qui stimule l’essor d’une économie résidentielle. Mais le nombre de frontaliers, en progression, ne représente qu’une faible minorité des actifs.


Le bassin annécien concentre 35 % des emplois du département. En progression démographique et économique, il jouit d’une certaine autonomie, et d’un réel équilibre entre économie productive2 et économie résidentielle.


Les territoires touristiques connaissent une relative bonne santé, qui ne doit pas masquer les efforts à consentir, voire le changement de modèle à mettre en place. Enfin, le bassin industriel de Cluses‑Bonneville, longtemps cité en exemple pour son dynamisme, subit plus fortement les contrecoups de la crise économique.


L’aménagement du territoire autour des espaces urbains déjà desservis par les transports en commun, devra donc être une priorité , en veillant aussi à une répartition des emplois plus équilibrée. Car le coût du foncier, déjà élevé, devrait continuer de croître, de même que le coût des transports individuels, qui devrait redonner de l’attractivité aux centres urbains.


Essor de la périurbanisation


Les transformations engendrées par la poussée démographique et le développement, ont créé des tensions sociales, territoriales et environnementales, accentuées par la crise qui n’a pas épargné la Haute‑Savoie. Le chômage concerne aujourd’hui 8 % de la population active (contre 4,5 % en 2008). L’industrie a perdu 9 % des emplois en quatre ans.


Par ailleurs, le dynamisme démographique s’est traduit par une importante demande de production de logements neufs, impliquant une large consommation foncière. Ainsi, 1 hectare de terre agricole ou naturelle est urbanisé chaque jour depuis quatre ans.


En outre, l’essor de la périurbanisation s’est accentué, à cause des difficultés que connaît une partie de la population pour se loger dans les principales villes, ou pour trouver un logement locatif social. Une situation qui a un impact réel sur l’équilibre environnemental, sur le paysage, et donc à terme, sur la qualité de vie.


Préserver le foncier


La vitalité démographique de la Haute‑Savoie a créé une surconsommation foncière d’autant plus problématique qu’elle s’effectue dans un cadre dans lequel s’affrontent plusieurs logiques (économie, habitat, loisirs, espaces naturels et agriculture). Le coût du foncier, largement dû à l’influence des acheteurs étrangers, engendre de fortes tensions et enclenche des logiques d’exclusion. Depuis 2009, deux tiers des nouveaux arrivants qui emménagent dans la partie française du Grand Genève sont de nationalité suisse.


L’accès à la propriété devient quasiment impossible aux primo‑accédants. Conséquence de ce phénomène, la population la moins aisée tend à refluer vers les territoires ruraux.


À l’avenir, préserver ce bien foncier, rare et cher, sera un enjeu majeur pour épargner le capital “cadre de vie et environnement”, qui sont des marqueurs identitaires forts et jouent un grand rôle dans l’attractivité de la Haute‑Savoie.


Sortir du “tout voiture”


Comme ailleurs, le département connaît de profonds changements de modes de vie. Aujourd’hui, 32 % seulement des actifs haut-savoyards travaillent dans leur commune de résidence, et les distances domicile‑travail s’allongent (20 km en moyenne). Même si depuis 2003 le trafic ferroviaire a progressé de 32 %, la mobilité reste dominée par la voiture, y compris pour de courtes distances.


Les mobilités en plein boom


Pour des raisons de santé publique et de qualité de vie, la Haute‑Savoie devra donc sortir de ce modèle basé sur le “tout voiture”. Il s’agira de développer les moyens de transports collectifs (bus et trains) et d’encourager davantage les modes de déplacement doux (vélo et marche à pied).


Economie en pleine mutation


Dans ce contexte, les mutations de l’économie sont exacerbées. Le schéma s’appuyant sur l’industrie et le tourisme, qui a prévalu depuis l’après‑guerre, s’estompe au profit de l’économie résidentielle, principal générateur des emplois (66 % des emplois contre 51 % en 1975).


A l’inverse, l’industrie rencontre des difficultés. Le tissu de PME‑PMI a su s’adapter aux retournements de conjoncture et anticiper le passage du décolletage à la mécatronique, mais n’a pu limiter la perte continue des emplois privés. Il devra trouver un nouveau souffle grâce, notamment, à l’innovation.


Quant à l’économie touristique, naturellement dominée par les stations de montagne (73 % des lits) et le tourisme d’hiver (55 % de la fréquentation), elle révèle des fragilités. La fréquentation globale (nombre de nuitées) est en baisse de 11,6 % depuis 2001, même si depuis 2010, la fréquentation hivernale tend à augmenter. Les stations de basse et moyenne altitude présentent une vulnérabilité croissante face au manque d’enneigement.


Répondre aux attentes d’une clientèle plus exigeante, dans un contexte de renforcement de la concurrence sera le défi à relever. La mondialisation de l’offre, le développement des séjours plus courts, et un besoin de personnalisation, vont conduire à proposer un tourisme plus qualitatif, diversifié sur les quatre saisons.


Beaucoup d’espoirs reposent, enfin, sur l’agriculture, qui a su valoriser sa production grâce aux Appellations d’Origine Contrôlée, fromages et fruits labellisés notamment. Elle pourrait mieux profiter du fort bassin de consommation locale, en développant les circuits courts, afin de fixer la valeur ajoutée sur le territoire haut‑savoyard. L’essor de la filière bois, répondant à la demande croissante en bois construction et en bois énergie est un autre levier, encore à structurer.


Autant de constats qui induisent une stratégie départementale offensive, dictée par les besoins des habitants de la Haute‑Savoie.


1 L’économie résidentielle réunit les services aux particuliers, la santé, l’action sociale, le commerce de détail, les activités financières et le transport de voyageurs.


2 L’économie productive est constituée de l’agriculture, l’industrie, l’énergie, le service aux entreprises, le transport de marchandises et le commerce de gros.

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