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Haute-Savoie mag - N°173 - Janvier/février 2019
La vie des territoires
Social

Créer du lien avec les personnes isolées

En France, un quart des personnes âgées de plus de 75 ans ne dispose d’aucun réseau relationnel (famille, professionnel, amical, affinitaire, voisinage). Source : Baromètre des solitudes en France, Fondation de France

En France, un quart des personnes âgées de plus de 75 ans ne dispose d’aucun réseau relationnel (famille, professionnel, amical, affinitaire, voisinage). Source : Baromètre des solitudes en France, Fondation de France

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Dans le Chablais, le Département soutient un réseau de partenaires professionnels et associatifs, qui va à la rencontre des personnes souffrant de solitude.

Tous les deuxièmes dimanches du mois, le local de la société Saint-Vincent-de-Paul à Évian s’anime à partir de 14h. C’est le moment où ses bénévoles accueillent des gens qui se sentent seuls, autour de jeux de société et d’un goûter. Cette association, fondée au 19e siècle et composée de bénévoles laïcs, a notamment pour but de visiter les personnes seules ou démunies. « Nous accueillons en majorité des femmes, plutôt âgées. C’est un moment important dans leur quotidien, ça leur permet de sortir de chez elles, de faire des rencontres, de discuter, d’échanger. Certaines viennent même avec des gâteaux faits maison et les partagent », raconte Marie-Claude Chapuis, responsable de l’association à Évian. « Notre priorité est de créer une vraie relation entre les gens, de leur accorder du temps », poursuit-elle. Outre les rencontres des “Dimanches de l’amitié”, les bénévoles de Saint-Vincent-de-Paul se déplacent chez les personnes isolées, à domicile ou en EHPAD (Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes). « Avant de nous rendre pour la première fois chez quelqu’un, nous lui téléphonons pour convenir du jour et de l’heure. Ensuite, les visites ne se déroulent pas toutes de la même façon. Nous discutons, nous faisons la lecture à haute voix, nous chantons… Parfois, nous faisons une promenade. Il nous arrive aussi d’aider la personne, surtout quand elle est âgée, à trier son courrier ou à accomplir certaines démarches administratives. On ne nous l’a pas encore demandé, mais nous pourrions tout à fait accompagner les personnes au cinéma ! », conclut Marie-Claude Chapuis.


Lutter contre l’isolement
Le sentiment de solitude existe dans tous les milieux sociaux et touche tous les âges, même si les personnes âgées sont plus souvent affectées. La Haute-Savoie est concernée par le vieillissement de la population avec une particularité liée à son développement économique et touristique. Beaucoup d’habitants s’y installent au moment de leur retraite, d’autres rejoignent leurs enfants au moment où ils commencent à perdre leur autonomie. Dans les deux cas, ils peuvent être amenés à rompre avec leur cercle amical, voire familial, ce qui augmente la sensation de solitude. Et aujourd’hui, 16 000 personnes de plus de 80 ans vivent seules chez elles, notamment dans le Nord du département et en zone urbaine. C’est pourquoi, en Haute-Savoie, le Département a choisi de mettre les personnes âgées au cœur de ses préoccupations dans le cadre de son plan d’actions “Bien vieillir en Haute-Savoie”. À Thonon par exemple, les bénévoles de la société Saint-Vincent-de-Paul ont organisé leurs visites à domicile en collaboration étroite avec les travailleurs sociaux du Département. Ces derniers ont d’abord identifié les personnes âgées souffrant de solitude et recueilli leurs attentes, avant de les mettre en relation avec les bénévoles. De son côté, l’association a recruté de nouveaux volontaires intéressés spécifiquement par ces visites de courtoisie, sans but médical ni programme d’animations, et les a formés. Le Département développe également un réseau d’acteurs de terrain, qui organisent ce genre d’actions ou souhaitent les mettre en œuvre : les centres communaux d’action sociale (CCAS), les structures d’aides à domicile, les EHPAD, certains foyers socio-culturels, des associations… Objectifs : partager les expériences et les bonnes pratiques pour mieux répondre aux besoins, agir en cohérence sur un territoire géographique ciblé. Dans le Chablais, les partenaires prévoient de se rencontrer dès janvier autour de cette problématique.