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Haute-Savoie mag - N°168 - Janvier-Mars 2018
Les travaux de la dernière tranche de la déviation ont commencé en octobre 2017 et se poursuivront jusqu’en 2019.

© Dep74 - L. Guette

Bassin Annécien
Routes

La déviation de Pringy : un aménagement éco-responsable

Les travaux de la dernière tranche de la déviation de Pringy sont maintenant bien engagés. La construction de cette nouvelle infrastructure comporte de multiples mesures destinées à limiter son impact sur l’environnement. Du choix du tracé aux dispositifs de protection de la faune en passant par le rétablissement des milieux naturels, tour d’horizon de ces moyens.

Réalisation très attendue, la déviation de Pringy, dont les travaux s’achèveront en 2019, va grandement améliorer les conditions de circulation dans la commune et alentour. Elle aura cependant aussi pour corollaire d’inévitables conséquences sur l’environnement.
Néanmoins, comme pour tout projet de cette envergure, le Département a soigneusement étudié, évalué et pris en compte ses impacts en lien avec le Grand Annecy et AREA, de manière à les limiter au maximum. Le nouvel aménagement a par conséquent été pensé pour s’intégrer au mieux dans son environnement, en évitant le plus possible les répercussions sur les milieux naturels et la biodiversité, selon une règle de base qui tient en 3 mots : éviter, réduire, compenser.
Ainsi, pour éviter des atteintes préjudiciables à l’environnement, le tracé de la déviation a été choisi de manière à avoir le moins d’effets possibles. La voie de contournement, longue de 2,3 km, dont le tracé démarre au giratoire “sortie Salomon” sur la RD 14, longe l’autoroute A 41 pour venir se raccorder sur la RD 1201 au nord du bourg de Pringy. Une solution qui permet à la fois de limiter la consommation d’espaces et les incidences sur l’habitat et le développement la commune.

Réduire l’impact des travaux
Pendant la phase chantier, de nombreuses précautions permettent aussi de diminuer les retombées des travaux. Les secteurs sensibles par exemple, qui ont été repérés au préalable, ont été balisés et fermés afin d’éviter toute dégradation sur les milieux naturels liée à la circulation des engins ou des personnels. Le déboisement a été réalisé en automne afin d’éviter la période de reproduction et d’élevage des chauves-souris qui peuplaient ces milieux boisés. Des batraciens et des reptiles ont également été déplacés pour assurer leur préservation. De plus, des barrières à amphibiens ont été installées dans les zones du chantier proches des milieux abritant ces espèces afin d’en limiter l’intrusion et la divagation. De même, les bassins de rétention des eaux pluviales seront fermés et équipés de grillage anti-amphibiens.

Préserver la biodiversité
Les mesures destinées à compenser les impacts résiduels des travaux sont, elles aussi, multiples. Elles concernent particulièrement la faune puisqu’une quarantaine d’espèces : mammifères (hérissons, chauves-souris…), oiseaux (chardonnerets, mésanges, rouges-gorges, pics…), reptiles (lézards), amphibiens (tritons…) seront touchées, ce qui représente quelque 4,4 ha d’habitats. Chaque espace détruit donnera lieu à la reconstitution d’au moins deux espaces : création de milieux humides (zones humides, mares), d’espaces bocagers ouverts (haies), de zones minérales, de terriers (hibernaculum) ou encore valorisation écologique d’espaces boisés existants.
Les mesures prévoient aussi, la création d’une zone humide de 2 000 m2 et d’une prairie humide de 1 400 m2 pour favoriser le maintien de la faune et de la flore locales à proximité du cours d’eau du Goléron. La restauration du ruisseau du Viéran par le Grand Annecy est également programmée (avec la participation du Département), en vue de préserver la faune piscicole, de diversifier les milieux et de créer des micro-habitats favorables à la faune terrestre ou semi-aquatique (insectes, amphibiens…).
Par ailleurs, l’aménagement sera équipé de 800 m d’écrans acoustiques (financés en partenariat avec AREA) pour protéger les habitations proches de la déviation des nuisances sonores générées par la circulation.
À tout cela s’ajoute une démarche de management environnemental intégrée à la conduite du projet et qui intervient avant, pendant et après les travaux. Elle se traduit par exemple par une sensibilisation des équipes travaillant sur le chantier aux enjeux écologiques du secteur, aux risques de pollution, à la surveillance des plantes invasives, à la bonne application des engagements du Département en matière environnementale. Par ailleurs, un plan de circulation adapté pour les engins a été mis en place ainsi que l’évacuation et le traitement systématiques de tous les déchets liés au chantier.
Les mesures environnementales compensatoires feront l’objet d’un suivi régulier pendant 30 ans après la fin du chantier.