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Haute-Savoie mag - N°168 - Janvier-Mars 2018
L’îlot câlin, à La Roche-sur-Foron.

© Dep74 - L. Guette

Vallée de l'Arve
Petite enfance

Des mômes en MAM ?

Les maisons d’assistants maternels (MAM) permettent à des professionnels agréés de se regrouper pour exercer au sein d’un même lieu. Elles offrent ainsi un accueil personnalisé au jeune enfant tout en l’intégrant au sein d’un petit groupe. Atouts, enjeux et retours sur expériences : le point sur ce mode d’accueil encore récent.

Les MAM ont été instituées par la loi du 9 juin 2010, dans le but de diversifier les modes d’accueil des tout-petits, alors que les services existants ne suffisaient plus à absorber les besoins des parents.
Elles ont depuis connu un développement soutenu. Il en existe maintenant 21 en Haute-Savoie. Côté parents, les MAM rassurent : l’enfant est pris en compte dans son individualité tout en évoluant en collectivité. Et côté professionnels : “Cela permet de rompre l’isolement et de partager son savoir-faire.” comme le confie Catherine Bouvet, assistante maternelle depuis 21 ans et fondatrice de L’îlot câlin, à La Roche-sur-Foron.

Faire preuve de ténacité
Les MAM permettent aux assistants maternels de se regrouper de leur propre initiative à 2, 3 ou 4, pour exercer en dehors de leur domicile, en accueillant le nombre d’enfants prévu dans leur agrément, si les locaux le permettent. Voilà pour le principe. Dans les faits, la persévérance est de mise pour un projet qui mettra souvent plusieurs années à se concrétiser.
La commune doit d’abord donner son accord préalable à l’installation de la MAM. “Parmi toutes les municipalités sollicitées, Seynod a été la seule à nous répondre favorablement.” explique Nadine Combepine, présidente de la MAM Doubizou, à Seynod.
Une fois l’accord obtenu, il faut s’adresser au Département, qui agrée les modes de garde collectifs et les assistants maternels. “Les services de la Protection Maternelle et Infantile du Département nous ont soutenu tout au long du projet : cela a été déterminant pour ne pas baisser les bras”, témoigne-t-elle. La collectivité départementale est en effet présente à chaque étape de la création : de l’étude de besoins à l’élaboration du budget prévisionnel, en passant par la rédaction du projet d’accueil et du règlement de fonctionnement et la recherche des locaux. La CAF de Haute-Savoie verse également, sous conditions, une aide au démarrage de 3 000 €.
En complément de ces soutiens institutionnels, l’entraide entre confrères s’avère précieuse : par exemple, faire visiter sa structure aux nounous qui souhaitent se lancer.

Savoir s’entourer
Pour franchir avec succès toutes ces étapes et ouvrir L’îlot câlin, Catherine Bouvet s’est associée avec Aldrick Pinel et Murielle Bove, qui n’ont pas été de trop pour l’accompagner dans cette aventure. Un trio aujourd’hui parfaitement complémentaire. Aldrick Pinel joue de la guitare et encourage les activités de motricité, tandis que Murielle Bove s’occupe des sorties et du bricolage et que Catherine Bouvet, plus créative, pratique le langage oral complété par des signes avec les petits. Ils savent aussi composer avec leurs caractères pour que cela fonctionne : “Nous ne sommes pas toujours d’accord mais nous communiquons beaucoup ; et le fait d’être 3 nous permet de régler le problème de manière démocratique, en votant !” Un credo qui les guide au quotidien, que ce soit pour le programme des activités, les repas, les courses ou autres tâches ménagères…
Et le succès est bien là : “Le bouche-à-oreille fait son œuvre et le Relais d’Assistants Maternels oriente également les parents vers notre MAM”, raconte Catherine Bouvet. Ce que confirme Nadine Combepin : “Nous avons ouvert il y a un peu plus d’un an et commençons déjà à signer des contrats pour septembre 2018. Nous avons même dû créer des listes d’attente. ” Avant de conclure, enthousiaste face aux sourires épanouis de ses confrères : “Je me vois ici jusqu’à ma retraite. Aujourd’hui, ce serait compliqué pour moi de retourner exercer à domicile et de ne plus bénéficier de la complicité et du regard constructif de mes collègues.”

Cliquer pour consulter le guide pour la création de MAM et la charte de qualité.