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Haute-Savoie mag - N°168 - Janvier-Mars 2018
À proximité du parc d’activité de Pré Biollat et de la Visitation, le tracé de la voie nouvelle Machilly-Thonon évite le lit mineur du Pamphiot.

© Dep74 - L. Guette

Chablais
Aménagement du territoire

Des mesures environnementales pour la liaison Machilly-Thonon

Élément majeur du désenclavement du Chablais, la liaison nouvelle entre Machilly et Thonon-les-Bains intègre des mesures de protection des espaces naturels et de préservation de l’activité agricole.

Le désenclavement du Chablais entre l’A40 à Annemasse et Thonon-les-Bains va entrer dans sa troisième phase de travaux, avec la construction de la liaison routière concédée Machilly - Thonon.
À son extrémité nord, celle-ci se connecte au contournement routier de Thonon, mis en service le 1er juillet 2008. Au sud, elle se raccorde à la section Machilly-Annemasse Carrefour des Chasseurs, route expresse à 2x2 voies achevée en novembre 2014. Le projet est porté par l’État, en partenariat notamment avec le Département et les communes concernées. Le tracé actuellement validé est issu d’une large concertation impliquant les habitants, les acteurs économiques du territoire dont des représentants du milieu agricole et les associations de défense environnementale. Il prévoit de conserver les milieux naturels et le cadre de vie des résidents, en limitant les impacts néfastes sur l’environnement et en les compensant si cela est nécessaire. Le projet sera soumis à enquête publique au deuxième trimestre 2018 (voir encadré).
Par son tracé parallèle à la voie ferrée, la liaison Machilly-Thonon préserve au maximum les sites naturels existants. Ainsi, entre Bons-en-Chablais et Margencel, le nouvel axe évitera la forêt de Planbois. Il contournera également la majeure partie des zones humides du Bas-Chablais (marais de Perrignier et de Margencel), classées Natura 2000 et qui abritent une importante diversité d’espèces végétales protégées. La faune, petite et grande, n’est pas oubliée. Les “corridors biologiques”, qui relient entre eux les différents espaces où vivent les animaux, ont été recensés. Ils seront rétablis après la construction de la voie via la création de passages à grande faune et de dispositifs réduisant les risques de collision avec les animaux (amphibiens, oiseaux, mammifères dont les chauves-souris, reptiles…). Le projet sera néanmoins consommateur d’espaces naturels. Pour contrebalancer cette diminution de bois, prairies ou zones humides et recréer des zones de reproduction, de repos ou d’alimentation pour la faune, d’autres sites seront renaturés en fin de chantier.

Protéger la ressource en eau
Les choix techniques (taille, localisation, etc.) retenus pour la construction des ouvrages d’art et des ouvrages hydrauliques permettront également de rétablir tous les écoulements d’eau souterrains et superficiels, et de restaurer les cours d’eau éventuellement modifiés en phase de travaux. Ainsi, au niveau de l’aquifère d’Anthy-sur-Léman, source du captage d’alimentation en eau potable, la route sera construite sur un remblai. Certains cours d’eau verront leur lit naturel reconstitué et leurs berges renaturées. Enfin, la chaussée intégrera un système de collecte et de traitement des eaux pluviales et de ruissellement.

Maintenir l’activité agricole
Les espaces agricoles feront aussi l’objet de mesures environnementales. En effet, la voie nouvelle reliera deux territoires urbanisés en traversant un espace rural où l’agriculture est très présente. Pour garantir la continuité de cette activité, le tracé prévoit de rétablir les circulations agricoles : accès aux parcelles et aux structures (coopératives...), cheminements y compris les passages pour les animaux, etc. De nouvelles parcelles seront acquises et réaménagées afin de créer de nouvelles surfaces agricoles.