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Haute-Savoie mag - N°170 - Juillet/août 2018
Actualité
Routes

Marignier : un aménagement bien intégré dans son environnement

Renaturation au niveau de la RD 26 à Vougy.

Renaturation au niveau de la RD 26 à Vougy.

© Dep74 - L. Guette

La réalisation du premier tronçon du contournement de Marignier-Thyez-Vougy est dans la dernière ligne droite avant sa mise en service prévue à l’automne.Ce nouvel aménagement comporte de multiples mesures environnementales, notamment dans la zone de confluence entre Arve et Giffre.

La première section du contournement de Marignier-Thyez-Vougy est en phase d’achèvement. Cette nouvelle voie, réalisée par le Département, ouvrira à la circulation d’ici l’automne. Longue de 1,6 km, elle assurera la liaison entre la RD 19 Ouest (côté Bonneville) et la RD 26 et comportera un viaduc de 300 mètres au-dessus du Giffre.
Ce tronçon est le premier maillon de la future déviation prévue dans le cadre du programme d’aménagement routier de la moyenne vallée de l’Arve, entre Bonneville et Cluses.
La nouvelle infrastructure a non seulement pour objectif d’apporter une solution pérenne en matière de circulation routière et de sécurité des usagers, mais aussi de s’intégrer durablement dans le territoire et le milieu naturel qui l’entoure. De nombreuses mesures ont par conséquent été prises pour préserver au mieux l’environnement et composer avec les contraintes naturelles du site.
Le viaduc du Giffre a par exemple été prolongé de 50 m pour offrir à la rivière un espace de mobilité significatif et permettre également à la faune de passer sous l’infrastructure.
Deux passages grande faune, d’une ouverture de 12 m de largeur, ont d’ailleurs été réalisés au droit des giratoires des RD 19 Ouest (chez Millet) et RD 26 pour offrir une continuité pour la grande faune en direction du bois d’Anterne. De son côté, ATMB étudie la mise en place d’un passage pour franchir l’autoroute. Le tout permettrait ainsi de rétablir une liaison entre les massifs du Môle et du Bargy.
La zone confluence entre Arve et Giffre a été libérée des activités industrielles et complètement renaturée en vue de compenser les atteintes aux boisements. Sur cette surface d’environ 6 ha, le terrain a été modelé afin de recréer des zones humides associées à des formations boisées offrant une nature équivalente à celle de la ripisylve. L’objectif est de conserver au site réhabilité un aspect le plus sauvage possible et de le maintenir à l’écart de toute fréquentation humaine. Par ailleurs, des dépressions et talwegs ont été créés, permettant une réintroduction des amphibiens, de même que des pierriers pour les reptiles.
Au sud de la zone d’activité de Pré-Paris, le tracé du contournement a aussi été pensé pour se caler en lisière des boisements, en vue de limiter la coupure des espaces de mobilité de l’Arve. Le ruisseau de l’Englenaz va ainsi être déplacé et fera l’objet d’une réhabilitation.
Ces mesures s’accompagnent aussi de dispositions particulières pendant la phase de chantier, notamment la délimitation stricte des zones de travaux ; la réalisation du défrichement aux périodes les moins sensibles pour la faune ; la pose de barrières pour les amphibiens ou encore la sensibilisation du personnel.
Pour s’assurer de leur bonne mise en œuvre, un responsable en management environnemental indépendant est chargé de leur suivi pendant toute la durée du chantier. Au total, sur les 28 M€ que coûtent les travaux, près de 15 % sont consacrés aux mesures compensatoires pour l’environnement.