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Haute-Savoie mag - N°170 - Juillet/août 2018
Fruits et légumes de Savoie,
une richesse authentique

© Dep74 - L. Guette

Dossier
Agriculture

Fruits et légumes de Savoie,
une richesse authentique

Cultivés de longue date et réputés pour être de qualité, les fruits et les légumes des pays de Savoie font l’objet d’une attention particulière de la part du Conseil Savoie Mont Blanc. À travers des partenariats avec les acteurs institutionnels-clés du secteur, l’ex-Assemblée des pays de Savoie soutient la mise en œuvre de pratiques durables et le développement de circuits courts.

D’après le programme national Nutrition santé initié en 2001 par le ministère français de la Santé, manger cinq fruits et légumes par jour permet de satisfaire les besoins de l’organisme en vitamines, minéraux et fibres. C’est aussi le meilleur moyen de soutenir notre agriculture. Car en pays de Savoie, 25 000 tonnes de salades, pommes de terre, courges, carottes, poireaux, radis, tomates, courgettes, épinards, choux… sont cultivés chaque année (environ 12 % de la consommation locale). Multiple, cette production dépasse quarante espèces et, compte tenu d’un grand nombre de variétés (salades : laitues, mâches, batavias), elle réunit plus de 70 références. Une diversité qui existe aussi dans les ateliers de production où volailles, œufs et lapins complètent parfois les légumes. Côté fruits, la production représente 16 000 tonnes par an, en majorité des pommes et des poires, mais aussi des coings, des cerises, des pêches et des noix.
Sur les 337 511 ha de terres agricoles en pays de Savoie, 400 sont exploités par 160 producteurs de légumes, implantés majoritairement en Haute-Savoie (144 111 ha), à proximité des agglomérations d’Annecy, Annemasse, de Thonon, Cluses et Rumilly. A contrario, les 720 ha aux mains des 250 chefs d’exploitation cultivant des fruits se répartissent presque équitablement entre les deux départements, notamment dans l’Albanais, les Bornes, le Genevois, les Bauges, les Aravis et le bassin Annécien pour la Haute-Savoie. Enfin, au sein de l’Indication géographique protégée (IGP) “Pommes et poires de Savoie”, 284 ha de vergers sont consacrés à la pomme (86 à la poire).

Respecter l’environnement
Ancrée sur le territoire, la production de légumes et de fruits des pays de Savoie est pourvoyeuse d’emplois. Beaucoup de tâches sont en effet encore réalisées à la main, de la production au conditionnement des fruits.
Elle est aussi de longue date respectueuse de l’environnement. Les arboriculteurs savoyards se sont ainsi lancés dans la mise en place d’une Production fruitière intégrée (PFI)(1) dès les années 1970. Cette démarche s’appuyait notamment sur l’utilisation raisonnée de produits phytosanitaires. Tout en se mobilisant pour obtenir l’IGP(2) “Pommes et poires de Savoie”, les exploitations fruitières se sont engagées dans la production biologique. Aujourd’hui, 177 ha sont certifiés ou en conversion. Du côté des légumes, le bio est en forte croissance (un tiers des producteurs et des surfaces) : une installation sur deux démarre avec la certification AB.
Autre particularité : l’importance des circuits courts. En effet, 80 % des salades, radis et autres tomates sont vendus à la ferme ou sur les marchés. Le restant est écoulé à parts égales par l’intermédiaire des magasins de producteurs et grandes surfaces, de la coopérative maraîchère de Genève, et de plus en plus via la restauration hors domicile (les cuisines des collèges notamment) ou commerciale.

De fortes contraintes
Alors que le nombre de maraîchers a été divisé par dix en trente ans, la filière attire aujourd’hui à nouveau des porteurs de projet (environ un tiers des candidats à l’installation agricole accueillis par la Chambre d’agriculture Savoie Mont Blanc). Ce regain d’intérêt, encouragé par une forte demande des consommateurs, se heurte malgré tout à une certaine précarité économique et au manque de foncier adapté.
Du côté des fruits, du fait de la pression exercée par les distributeurs qui préfèrent leur marque ou d’autres labels, seulement 30 % de la production IGP est vendue avec la certification. En outre, la hausse du coût de la main d’œuvre, l’érosion des prix et la baisse des rendements entachent la compétitivité de la production.
Ces contraintes s’ajoutent bien entendu aux aléas météorologiques qui régissent le quotidien des exploitants. Et ce, même si des solutions sont mises en œuvre pour limiter l’impact du gel, de la grêle ou encore de la sécheresse sur les cultures.

Promouvoir la production
Pour maintenir son développement, la filière des fruits et légumes des pays de Savoie peut compter sur le soutien du Conseil Savoie Mont Blanc (CSMB). En effet, celui-ci a récemment renouvelé le contrat passé avec le Syndicat des fruits de Savoie et le verger expérimental de Poisy ; et officialisé un engagement similaire avec la Chambre d’agriculture Savoie Mont Blanc et le Groupement technique des producteurs de légumes des Savoie (GTPL). Adaptées aux besoins des filières, ces conventions visent à renforcer la pérennité des productions et des exploitations, à permettre aux exploitants de s’adapter à l’évolution du marché, de faire face aux changements climatiques et de développer des pratiques respectueuses de l’environnement.
Concrètement, les rôles se répartissent en fonction des compétences et savoir-faire de chacun : le GTPL, le Syndicat des fruits de Savoie et le Verger expérimental de Poisy accompagnent les maraîchers et les arboriculteurs dans la mise en œuvre de pratiques écologiques (lutte raisonnée contre les insectes nuisibles et les mauvaises herbes). La Chambre d’agriculture Savoie Mont Blanc épaule les exploitants dans leur installation ou la transmission de leur entreprise, les aide à se diversifier, à se convertir au bio, à se former, à mobiliser du foncier ou encore à développer des plateformes collectives de vente. Enfin, le CSMB encourage la consommation de produits locaux dans les collèges, soutient l’investissement des agriculteurs (en matériels de travail du sol alternatifs au désherbage chimique, gestion économe de l’eau, pour la transformation et la commercialisation en circuits courts…). En parallèle, il accompagne les programmes de développement des organismes agricoles partenaires.

(1) La PFI repose sur des systèmes de production qui donnent priorité aux méthodes plus sûres au niveau environnemental, minimisent les effets secondaires et l’utilisation de produits agrochimiques.
(2) Indication géographique protégée.