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Haute-Savoie mag - N°174 - Mars-Avril
La vie des territoires
Routes

Étrembières et Reignier-Ésery : la sécurisation des passages à niveau prend forme

10 ans après le drame d’Allinges, la sécurisation des passages à niveau jugés dangereux reste une priorité pour le Département. En réponse à la hausse constante du trafic ferroviaire et routier dans les secteurs d’Étrembières et de Reignier-Ésery, le Département est engagé dans d’importants travaux de suppression des passages à niveau 90, 91 et 93.

Dans le cadre de sa mission d’aménagement, d’entretien et de sécurisation des routes départementales, le Département de la Haute-Savoie finance chaque année d’importants investissements (de l’ordre 100 M€ en 2018). Objectif : assurer la sécurité et le confort des usagers, la fluidité du trafic et l’aménagement durable du territoire. Au-delà de ce cadre, et suite au drame d’Allinges en 2008, l’Assemblée départementale a fait le choix de s’associer à l’État dans la mise en œuvre des plans nationaux de sécurisation des passages à niveau. Outre sa participation active à la réalisation du diagnostic périodique des routes départementales mené par la SNCF (tous les cinq ans), le Département finance à hauteur de 50 % les études et les travaux entrepris sur les passages à niveau jugés dangereux. Depuis 2007, il a ainsi investi 30 M€.

Une double opération

Sur les 174 passages à niveau en Haute-Savoie, 32 sont situés sur le réseau routier départemental (12 hors agglo et 20 en agglo) dont 4 étaient classés “préoccupants” par le ministère des Transports. Deux ont d’ores et déjà été supprimés : Sallanches en 2015 et Allinges en 2016. La sécurisation des passages d’Étrembières (n°93 sur la RD2) et de Reignier-Ésery (n°91 sur la RD2), a démarré à l’automne 2017. Cette double opération, entreprise par le Département à hauteur de 17,5 M€, inclut le second passage à niveau à Reignier-Ésery (n°90 sur la RD302), bien qu’il ne figure pas sur la liste du ministère.

Particulièrement dense en matière de trafic routier et ferroviaire, le secteur de Reignier-Ésery voit ainsi la réalisation d’un pont-rail de 23 mètres qui permet aux automobiles de la RD2 de passer sous la voie ferrée, d’un giratoire raccordant les RD2 et 302 et d’une déviation de la VC2 au Sud du pont-rail pour la raccorder à la RD302 via un nouveau tronçon de voirie. À lui seul, ce chantier mobilise 7,5 M€ et s’achèvera d’ici fin 2019.

Un chantier “complexe”

La suppression du passage à niveau d’Étrembières voit de son côté la création d’un pont routier au-dessus de la voie ferrée long de 80 m - avec accès par un viaduc de 150 m -, la réalisation d’un rond-point et la refonte de la sortie 14 de l’A40. Le tout sans toucher à la voie ferrée et en garantissant un impact minimal sur l’environnement. « C’est l’un des chantiers les plus complexes que j’ai connu », confie François-Éric Curnier, chef de projet Études et travaux à Ingérop (maître d’œuvre du projet pour SNCF réseau). « On est sur une voie ferrée, à l’aplomb d’une autoroute, à flanc de montagne, sur une route au trafic important… ». Afin que la pente qui dessert le pont soit la plus douce possible, il a par ailleurs fallu abaisser la ligne haute tension et la caténaire. « Chaque centimètre comptait », commente François-Éric Curnier.

Ce tour de force mobilise une quinzaine d’intervenants et, sur la période du 16 avril au 9 décembre 2018, a mis à contribution une cinquantaine de personnes. Prévu pour être mis en service à la rentrée scolaire 2019, l’ouvrage sera achevé en fin d’année.

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